Edit Jolicoeur, chargée des réseaux sociaux pour la TDLG (Traversée de la Gaspésie), est restée bloquée sur un navire avec 350 personnes lors d’une tempête de neige, au beau milieu du Saint-Laurent. Elle en a profité pour tester sa théorie sur les « nano-influenceurs » et explique comment, ensemble, ils ont déjoué l’algorithme de Facebook et ont permis à la page de l’événement d’atteindre 85% d’engagement.

 

La métaphore du « poêle à bois »

 

Forcée d’improviser face aux intempéries, Edith décide d’animer un atelier sur les réseaux sociaux, et plus particulièrement l’algorithme de Facebook. Il se décompose, selon elle, en trois points essentiels, qu’elle illustre grâce à la métaphore du « poêle à bois ».  :

  • L’intérêt: Pour être visible sur Facebook, il faut susciter de l’intérêt. Plus vos abonnés likeront vos publications, vos photos, plus vous apparaîtrez dans leur fil d’actualité. A contrario, s’ils ne sont pas intéressés par le contenu que vous proposez, vous n’y figurerez plus et aurez donc encore plus de mal à être visible sur les réseaux sociaux.
  • Le type de publication et l’engagement : Si l’on compare le type de publication à du combustible, pour alimenter le poêle à bois:
    • Du texte équivaut à du papier journal : peu de chaleur, peu d’engagement
    • Un lien équivaut à une bûche de boulot : un peu plus de chaleur, un peu plus d’engagement
    • Une photo équivaut à un bûche d’érable : encore plus de chaleur et d’engagement
    • Une vidéo équivaut à une grosse bûche d’érable : beaucoup de chaleur et d’engagement
    • Pour alimenter le feu, il faut de l’air et l’air ce sont vos abonnés. En likant et commentant vos publications, ils permettent de leur donner plus de visibilité car ces interactions apparaîtront dans le fil d’actualité de leurs amis.
  • La récence : rapport entre le temps de publication et le temps de réaction. Plus les gens interagissent vite avec une publication, plus elle est susceptible de devenir virale.

 

Le pouvoir de la « nano-influence »

 

L’équipe décide donc d’organiser un  « Mannequin Challenge » avec l’ensemble des passagers. Le commandant de bord, le personnel et l’ensemble du navire acceptent d’y participer. Le Mannequin Challenge est réussi et les passagers n’attendent désormais qu’une chose : qu’il soit mis en ligne sur la page Facebook de l’événement pour le partager sur leurs profils respectifs. L’équipe décide, cependant, de ne publier la vidéo qu’une semaine et demi plus tard. « Si à la maison, en plein hiver québécois, on fait un bon feu, il fait 24 degrés Celsius à l’intérieur. Est-ce qu’on va s’empresser de mettre la plus belle bûche d’érable dans le poêle à bois ? Non ! On va attendre que ça refroidisse. C’est ce qu’on a fait avec la vidéo du mannequin challenge. »

Via un test A/B, Edith a pu analyser la portée de la publication: « en A, on a publié la vidéo directement sur le fil d’actualité de la page de « La Grande Traversée de la Gaspésie », et en B, on a payé 200 dollars pour faire une publication qu’on appelle « darkpost », c’est-à-dire que les abonnés ne voient pas. »

Le résultat est sans appel ! Alors que la publication du « Mannequin Challenge » et son relais via les nano-influenceurs n’ont rien coûté à La TDLG, il aurait fallu dépenser près de 6000$ pour atteindre le même nombre de personnes avec un contenu sponsorisé.

 

Un nano-influenceur c’est quoi ?

 

Les nano-influenceurs, ce sont donc des gens qui aiment une marque, un produit, une cause, un événement, et en parlent autour d’eux. Ils ne sont pas rémunérés pour le faire, et sont conscients que leur action de partager, liker, commenter les publications d’une page l’aide à gagner en visibilité. Les nano-influenceurs sont de réels ambassadeurs et sont de véritables alliés pour les marques sur les réseaux sociaux, à la recherche de marketing viral et authentique. Nul besoin, donc, de débourser des sommes astronomiques en publicité ou contenus sponsorisés, si vous avez des « nano-influenceurs » de votre côté, gages d’authenticité et de notoriété.

Teester vous permet d’obtenir à la fois des grosses bûches d’erable (les vidéos) mais aussi l’air qui permet de faire fonctionner le poêle à bois (les utilisateurs). Les vidéos authentiques sont les contenus les plus viraux et qui génèrent le plus d’engagements sur les réseaux sociaux. Teester vous permet à la fois, donc, d’identifier les meilleurs nano-influenceurs pour votre marque, de les accompagner dans la création de contenus qualitatifs et pertinents ainsi que de les engager dans le partage de leur vidéos.
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Intégralité du TEDTalk : découvrez l’incroyable pouvoir des nano-influenceurs !

 

 » En janvier dernier, j’ai fait partie d’une croisière avec 350 personnes. Pas une croisière dans le sud, une croisière au Québec, en plein hiver. Une journée on est resté pris sur le fleuve parce qu’il faisait  une tempête. […] Et cette tempête là, cet événement imprévu là, m’a permis de tester la théorie sur les « nano influenceurs ». Je suis une nano-influenceur vous êtes peut-être des nano-influenceurs sans le savoir. Je faisais partie de cette grande expédition en tant que responsable des médias sociaux. Mon expérience m’a permis de voir que les nano-influenceurs pouvaient changer l’algorithme de Facebook. On partait de Gaspé, sur un bateau de croisière, pour se rendre à Montréal, en passant par le Bas St-Laurent, par Charlevoix et par Québec.

Dans mon domaine il y a différentes écoles de pensée. Personnellement, je fais partie de ceux qu’on appelle les »#teamOrganic » , c’est-à-dire les gens qui croient que les bonnes stratégies doivent-être fortes sans devoir payer de la publicité ou avant de payer de la publicité. Il y a d’autres gens dans mon domaine qui croient que toute bonne stratégie dois inclure absolument un budget publicitaire. Dans notre domaine on parle aussi souvent des influenceurs.  Par applaudissements, qui a déjà entendu ce terme là « Influenceur » ? Vous êtes des connaisseurs ! À bord du navire on avait des influenceurs, c’est-à-dire que ce sont des personnalités qui acceptent d’endosser des marques, des causes, des entreprises, qui grâce à leur notoriété font bien paraître ces compagnies là. On avait, entre autres, une astronaute. On avait un joueur de football américain. On avait une championne olympique et plusieurs personnalités de la télé.  On avait aussi ce qu’on appelle des micro-influenceurs c’est-à-dire des blogueurs « Plein air », « tourisme », »voyage ». On avait plusieurs artistes en résidence, soit des artistes visuels, soit des artistes de la scène. Et on avait ce que moi j’appelle les « nano-influenceurs ». C’est-à-dire des dizaines et des dizaines d’amateurs de ski de fond et de raquettes, qui s’étaient inscrits pour explorer nos paysages gaspésie et québécois.

Une journée, quand on est parti un soir, quand on est parti de Matane pour se rendre à Pointe-au-Pic, une superbe tempête de neige québécoise s’est levée. A bord du bateau c’est l’euphorie. Tout le monde sur les ponts à se lancer des balles de neige, à danser, à chanter. Le gros party !  Le lendemain matin, en principe on devait être à Pointe-au-Pic, j’ai regardé mon téléphone pour voir l’heure. Il y avait un message d’une collègue qui disait qu’on ne pourra pas accoster avant plusieurs heures. Et-ce que ton offre d’atelier sur les réseaux sociaux c’est toujours d’accord ?  on la prendrait. D’ailleurs, je me suis souvenue qu’avant qu’on parte de Gaspé, l’organisation avait demandé aux gens à bord, à l’équipe dans le fond, et aux personnalités de prévoir des activités en cas d’intempéries ou encore si les participants ne pouvaient pas skier, c’était cette journée là !

 

3 des 5 facteurs de l’algorithme Facebook

 

J’ai donc donné un atelier sur les réseaux sociaux. Dans mon atelier j’ai, entre autres, parlé de l’algorithme Facebook. L’algorithme de Facebook c’est un peu comme essayer de percer le secret de la fameuse barre de chocolat, c’est un petit peu difficile ! Personne ne connait absolument tous les facteurs mais on en connaît au moins cinq. Cette journée-là je me suis attardé à 3 facteurs.

Le premier facteur, c’est l’intérêt. L’intérêt c’est un peu comme le slogan dans mon enfance  » plus elles sont fraîches, plus on en mange, plus on en mange et plus elles sont fraîches ». Est-ce que certains se souviennent de ça?  C’était les saucisses « Hygrade ». L’intérêt pour facebook dans l’algorithme c’est que plus vous allez interagir avec  certaines personnes, certaines pages, plus vous allez voir les publications de ces personnes là, ou ces pages là  dans votre fil d’actualité.  Si vous interagissez de moins en moins avec certaines personnes ou certaines pages , vous verrez de moins en moins leurs publications, voire plus du tout.  Les autres  facteurs de l’algorithme sont un peu plus complexe à comprendre et à expliquer.  Au fil des années, j’ai développé la métaphore du « poêle à bois » pour m’aider à les illustrer.

Dans la métaphore, je compare le rapport entre le type de publication et l’engagement  des abonnés à un poêle à bois, donc à du combustible. Je dis qu’une publication texte ça équivaut à brûler du papier journal, donc ça produit pas beaucoup de chaleur, pas beaucoup d’engagement. Une publication de lien, déjà, on a plus d’interaction, donc ça produit un peu plus de chaleur, un peu plus d’engagement, ça équivaut à une petite bûche de boulot. Une photo, on a une bûche d’érable, plus de chaleur, plus d’engagement. Une vidéo, une bonne bûche d’érable, ça peut produire pas mal d’engagement. Pour qu’un feu prenne, on a aussi besoin d’air. Si les pages contrôlent le type de publications qu’elle proposent à leurs abonnés, ce sont les abonnés qui contrôlent l’engagement par leurs interactions.  Donc ce sont eux qui alimentent le feu en air.

Si un abonné clique « j’aime » ou une réaction du type  » Hahaha », « Surpris », c’est comme s’il donnait un peu d’air au feu. Une petite partie de ses amis va voir que tel ami a aimé telle publication de telle page. Si quelqu’un commente une publication, plus de ses amis vont voir que y’a eu une interaction, donc elle a plus de valeur. C’est comme plus d’air, ça va donner une portée organique supérieure. Quand quelqu’un partage une publication, plus de ses amis la voit, plus ses amis peuvent interagir à leur tour. On a beaucoup plus d’air et beaucoup plus de portée. Le dernier facteur de  l’algorithme de Facebook c’est la « récence ». La récence c’est la  combinaison de deux choses. La première c’est le temps de publication, le moment où la page a fait la publication. Le deuxième aspect c’est le temps de réaction. Plus les gens interagissent vite avec une publication, plus elle est susceptible de devenir virale. Dans tout les activités qui étaient proposées cette journée-là sur le bateau, une des filles de l’organisation  a eu l’idée d’organiser un mannequin challenge. Le Mannequin challenge c’est un peu comme quand on était enfant pour jouer à une statue sauf que là c’est filmé. On va en regarder un petit bout ensemble.

 

Comment « hacker » l’algorithme de Facebook grâce aux nano-influenceurs

 

Comme vous avez pu le voir, tout le monde a embarqué dans la vidéo. Même le capitaine, le personnel, vraiment tout le monde a eu beaucoup de plaisir. Quand ils l’ont vu le soir, la vidéo montée, les gens ont espéré qu’on la publie sur les réseaux sociaux. Ils avaient hâte d’interagir, de la partager,de la montrer aux gens qu’ils connaissent. Sauf que là on leur a dit « non non non, pas tout de suite ». Sur Facebook, le taux d’engagement moyen de toutes les pages et à 7 %. Nous, cette semaine là, grâce à notre travail, au travail des gens qui était avec nous dans la virée à l’extérieur, on a atteint 85 % de taux d’engagement. Si à la maison, en plein hiver québécois, en fait un bon feu, il fait 24 degrés Celsius à l’intérieur. Est-ce qu’on va s’empresser de mettre la plus belle bûche d’érable dans le poele à bois ? Non on va attendre que ça refroidisse. C’est ce qu’on a fait avec la vidéo du mannequin challenge.

Une semaine après l’événement, on a envoyé un message à tous nos membres, on leur a dit « vous l’attendiez la vidé, on l’a diffuse Samedi prochain, dans 4 jours ». On vous demande d’être là, on va la mettre à 7h le matin. Si vous pouviez interagir le plus rapidement possible, ça nous aiderait beaucoup. On l’a fait.  Le Lundi suivant, on a publié la vidéo. On a fait un test A/B.  Donc comme d’habitude, en A, on a publié la vidéo directement sur le fil d’actualité de la page de  » La Grande Traversée de la Gaspésie », et en B, on a payé 200 dollars pour faire une publication qu’on appelle « darkpost », c’est-à-dire que les abonnés ne voient pas.

On a ciblé les gens qui ressemblait à nos abonnés, en comparable, et en excluant nos abonnés. Au bout de 4 jours on a mesuré les résultats. On a fait pour la publication organique, en A, près de 120000 personnes atteintes. Et pour celles pour laquelle on avait payé 200 dollars on avait atteint près de 3500 personnes. Si on fait une règle de trois, on pourrait dire que si on a dû débourser 200 dollars pour rejoindre 3500 personnes, il aurait fallu près de 6000 dollars pour atteindre 120000 personnes. Donc c’est ça la valeur du travail de nos nano-influenceurs, pour cet épisode là en particulier. Un nano- influenceur c’est quoi ? Un Ambassadeur ! Un ambassadeur c’est quelqu’un qui dans la vraie vie aime une marque, un produit, une cause, un événement et en parle autour de lui à ses amis. C’est très bien mais la portée est limitée. L’abonné, lui, il aime une page, mais il interagit pas nécessairement tout le temps, ou s’il le fait c’est pas d’une façon nécessairement consciente. Le Nano-influenceur il est une combinaison des deux. Il est à la fois un abonné, qui doit être sur les réseaux sociaux pour être un influenceur, sinon il ne l’est pas, et en plus il a l’attitude d’un ambassadeur. Donc, le nano-influenceur est quelqu’un qui sait consciemment qu’à chaque fois qu’il interagit avec les publications d’une page, il aide cette page là pour que les publications soient plus vues et qu’elles atteignent plus de gens, et que plus de gens en parlent. C’est important de savoir c’est que le nano-influenceur n’est pas un influencer. Souvent les influenceurs vont être payés pour parler des marques, ce n’est pas le cas des nano-influenceurs.

Un nano-influenceur c’est pas quelqu’un qui court les concours facebook non plus. C’est quelqu’un qui agit avec son grand cœur.  Parce que pour reprendre les mots de Claudine Roy, la fondatrice de la TDLG, « le plus important dans la vie mes amis c’est l’amour, souvenez-vous de ça ». Peu importe qu’on soit #teamOrganic ou #teampublicité, on a tous un objectif commun , c’est-à-dire qu’on souhaite de la conversion. Pour la TDLG, la conversion c’était d’espérer que l’interaction et les interconnexions entre tous les gens qui ont agit pour que nos publications soient plus vues, qu’elles atteignent plus de gens et que plus de gens en parle, et que finalement plus de gens s’inscrivent aux éditions suivantes: on l’a atteint. C’était note objectif de conversion. Pour la petite épicerie fine que vous aimez, pour les médias indépendants que vous affectionnez particulièrement, pour la boutique au coin de la rue, le taux de conversion c’est parfois ce qui peut faire la différence entre survivre, fermer, ou prospérer. Ensemble, ici, aujourd’hui, à TED Talks Québec, on est comme sur un navire ensemble. Si on veut, on peut Influencer les réseaux sociaux. Je suis une nano-influenceur, vous pouvez être des nano-influenceurs. Merci »

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